Histoire
sexe du jour , Une
femme affamée
: Cela
faisait six mois que je travaillais pour Daphné Focerey, députée-maire.
Après un an de galères, à vaquer de petit boulot en petit
boulot, je venais enfin de trouver un job convenable. Jétais donc
secrétaire pour une femme politique de renom. Bien payée, je navais
à me plaindre que dhoraires distordus, qui ne me permettaient pas
de vivre une vie de couple réglée, harmonieuse. Oh ce nest
pas que Marc et moi ne nous entendions pas, au contraire, seulement, je navais
plus de week-ends, et travaillant souvent tard en soirée, je navais
plus trop de temps pour moccuper de lui et des enfants. Il
ne men tenait pas rigueur et je len remercie. Jai toujours su
que javais fait le bon choix en me mariant avec cet homme aimant, prévenant
et intelligent. Et puis, quand je parle de choix
enfin voilà, jétais
amoureuse et dans ces cas-là, les tergiversations ne durent guère.
Jai épousé Marc par amour, par conviction.
Quoique
nétant pas le meilleur que jaie rencontré, Marc était
un bon amant, et au bout de sept ans de mariage, nos relations sexuelles étaient
encore fréquentes et jouissives. Il ny avait plus la fougue et la
passion des premiers temps, mais nos corps avaient appris à se connaître,
il savait mes points sensibles, je pressentais ses désirs
Sur
ce plan aussi, nos relations se sont un peu estompées depuis que jai
commencé cette nouvelle activité, le labeur venant achever le travail
de sape des enfants pour la disponibilité maritale. Cependant que nous
continuions à avoir du plaisir, comme je lai dit.
Cet
emploi de secrétaire était accaparant. Je nai jamais nourri
de goût particulier pour la politique, malgré mes études en
sciences-po. Je me destinais plutôt au social en fait : linsertion
professionnelle et la réadaptation sociale emportaient mes suffrages quand
jai obtenu ma maîtrise. La réalité du marché
allait bientôt me destiner à des postes en assistanat de direction
et en secrétariat, avant une traversée du désert dune
année où jallais jusquà accepter un poste dassistante
de gestion pour une friperie. Lhorreur
Une sorte de dégringolade
sociale qui a mit à mal mon ego.
En
fait, je pense que cest cette période de doute et derrance
qui a plu à Daphné lors de notre entretien.
-
Vous, vous êtes une battante, vous savez vous remettre en question et continuer
à avancer, on ne vient pas pour rien en politique. Je
me disais à ce moment : "Quelle cruche celle-là
Si elle
savait un peu
Je men cale de son boulot, il me faut des thunes, point
final. Et cest bien pour ça que je suis là, à quémander
un pauvre boulot de secrétaire
" Cest
un peu sur ces bases et dans cet état desprit que jallais prendre
mes nouvelles fonctions : pas très convaincue, mais motivée par
la nécessité de me trouver quelque chose de stable et rémunérateur.
Pour ça, javais de la chance, jétais payée presque
le double de mon dernier emploi. Par
contre, Daphné faisait partie de la droite conservatrice, aux antipodes
de mes opinions. Javais bien du mal à le supporter et elle ne mit
guère longtemps à sapercevoir du bluff que je lui avais servi
à mon embauche. Cétait une femme clairvoyante, et à
loccasion dune discussion somme toute normale sur le licenciement
de 200 salariés dune petite commune, me voyant moffusquer,
elle me sortit :
-
Vous savez ma chérie, jétais comme vous à mes débuts,
un rien me choquait, et je ne supportais pas ces ploutocrates droitistes faisant
invariablement la part belle au patronat, mais depuis jai changé
mon fusil dépaule
Enfin, pas tout à fait, je me dis
quau lieu de salarmer sur ces drames momentanés de quelques
centaines demployés, il vaut mieux appréhender les choses
plus globalement, essayer de les modifier en profondeur pour que cela ne se reproduise
pas sur le long terme, à plus grande échelle. Cest pour ces
raisons que jai rallié la droite, parce que je me dis que si lon
veut faire évoluer le monde qui nous entoure, les changements les plus
radicaux et durables ne pourront se faire que de lintérieur. Ainsi
donc, une semaine lui avait suffit pour me percer à jour, voire même
une journée ou une heure pour ce que jen savais. Mattendant
à me retrouver au service dune mégère assoiffée
de pouvoir, je découvrais une femme qui ne manquait pas dautorité,
certes, mais qui savait faire preuve dhumanité et de discernement,
bien au-delà de son étiquette politique.
Pour
la première fois de ma vie, au bout de trois mois, je ne traînais
toujours pas des pieds pour me rendre au travail, jy allais même avec
enthousiasme. En plus, il y avait léchéance de sa campagne
électorale pour se faire réélire maire qui nous tenait en
haleine. Cette campagne avait justement touché à sa fin et au but
la semaine dernière. Nous avions copieusement fêté la victoire,
de cérémonies en cocktails et de cocktails en cérémonies.
Javais participé à la mise en uvre de son programme
électoral dès le début, me découvrant une fibre politique
insoupçonnée, entrant de plain-pied dans les arcanes du pouvoir.
Ses méandres se dévoilaient à moi et jadorais ça.
Cependant, il était grand temps que je me réapproprie le domicile
conjugal, les enfants me réclamaient et mappelaient souvent au boulot,
tandis que Marc me faisait de plus en plus sentir que je manquais à mes
devoirs de mère.
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